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Evaluer avant de tirer

Evaluer avant de tirer

 

Passer le week-end en Allemagne n'est pas synonyme de vin chaud et de marché de Noël. Bergen fut pour nous l'occasion d'assister au travail du Centre d'Evaluation du Matériel (CEM). Ce détachement du Centre de Compétence du Matériel Roulant et Armement (CCR&A) profitait d'un exercice de la Composante Terre pour y effectuer des tests balistiques avec le canon DF90 équipant le Piranha, véhicule de type Armoured Infantry Vehicule (AIV).

Le but du CEM ? Le but, exactement...

En effet, évaluer, vérifier et contrôler les systèmes d'armes et leurs munitions sont les missions que remplissent les vingt-cinq techniciens casernés à Brasschaat. Afin que l'utilisateur puisse en sécurité, viser et tirer avec justesse. En ce dimanche matin sur le stand de tir 7C, l'équipe du capitaine-commandant Franky Mullebrouck, composée de huit personnes, met en place le matériel de mesure tandis que l'équipage du Piranha est occupée par le simbleautage, alignement des systèmes de visée et de l'arme. "Nous allons effectuer des tests de vitesse et de précision sur les quatre types de munition (TP-T/HESH, HESH-T, TP-T/FSDS et APFSDS-T) du Piranha DF90. Il s'agit de vérifier les données fournies par le fabricant et contrôler leur bon fonctionnement", explique cet officier technicien. Pour ce faire, les munitions sont conditionnées depuis 24h à 21°C, trois radars indépendants de type doppler ainsi qu'une caméra haute vitesse seront utilisés par cette équipe de techniciens spécialisés et néanmoins polyvalents. Ces évaluations sont réalisées en présence d'un représentant de la firme concernée et du gestionnaire de matériel. "Les tests du CEM constituent un avis, la décision finale est prise par le GestMat. Mais il est généralement suivi", affirme fièrement cet officier tout en mettant en avant le travail d'équipe de son personnel et leurs travaux.

Besoins et moyens

Depuis une dizaine d'années, les armes d'un calibre supérieur au mortier 81mm ne sont plus évaluées en interne, au sein des installations du CEM. Quel que soit le motif du contrôle, ne disposant plus d'un exemplaire de chaque système d'arme, le CEM "profite" des manœuvres et exercices, ce qui assure également à l'équipe envoyée un appui du personnel utilisant le système d'arme concerné. Ces missions sont effectuées en Belgique, toutefois certaines munitions à haute vitesse ou longue portée doivent être testées à l'étranger. "Pourtant nous disposons à Brasschaat de stands pratiques, deux de 200m, permettant le tir de munitions inertes de tous calibres jusqu'au 155mm inclus !!!", regrette le commandant Mullebrouck. Ces stands ne sont plus, à l'heure actuelle, en assez bon état pour tirer ce type de calibre. Une autre problématique réside dans la maîtrise des nuisances sonores lors des tirs. Les travaux de rénovations nécessaires au niveau des infrastructures en béton -dont la dalle support qui accueille le blindé- sont actuellement étudiés par le service concerné de la DGMR Infra. Espérons que ces rénovations feront l'objet d'une priorité budgétaire. Sachant que le personnel du CEM, dont les missions se suivent et ne se ressemblent pas, est formé en interne durant deux ans et que la moyenne d'âge atteint les 51 ans, des candidats motivés sont vivement attendus. "Il ne faut pas être technicien à la base mais être polyvalent, autant dans la section Armement que dans la section Mesures. Nous recherchons des jeunes aimant le travail en atelier et en extérieur comme ici, passionnés par les systèmes d'armes, la technique et la précision" conclut-il avant de profiter de l'arrêt des tirs pour se rendre aux cibles et effectuer ses prises de mesures.