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En parler encore pour ne jamais oublier

En parler encore pour ne jamais oublier

 

Le 19 décembre, deux écoles de la commune de Laakdal ont visité le Mémorial national du fort de Breendonk. Une visite particulière, car ces jeunes étaient accompagnés d'un survivant.

Né le 20 juin 1923 à Tessenderlo, Louis Boeckmans a rejoint la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Trahi en juillet 1944, il a été embarqué par le service de sécurité allemand : le Sicherheitsdienst. Quelques semaines plus tard, il était emprisonné à Breendonk.

Ses souvenirs sont demeurés intacts : « Arrivés à Breendonk, on a ouvert le hayon du poids lourd. Aux hurlements « Allez,vite, sortez ! », nous fûmes poussés dans l'obscurité du fort à coups de bâton. Nous y avons été dépouillés de nos vêtements et entièrement rasés. On nous a remis un vieil uniforme de l'armée et des sabots. Pour ceux qui n'y étaient pas habitués, ils étaient une torture et provoquaient des plaies ouvertes. L'uniforme portait un numéro de matricule, le mien était le 3253. Nous n'existions plus mais n'étions qu'un numéro ! »

Après Breendonk, Louis a été, comme beaucoup d'autres, déporté vers Buchenwald. Peu après, il y intégra le terrible Kommando (groupe de travail) du camp de Dora près de Nordhausen. C'est dans cette usine souterraine qu'étaient assemblées les fusées V1 et V2.

Lorsque les troupes alliées se rapprochèrent dangereusement du centre du Reich, les Allemands évacuèrent les prisonniers en colonnes. Ces marches forcées firent des milliers de morts. Louis, sauvé par la Croix-Rouge suédoise le 2 mai 1945, en réchappa. « Lorsque je suis arrivé en Suède, je ne pesais plus que 38 kg. C'est pourquoi j'y ai encore séjourné deux semaines. J'étais constamment fiévreux et beaucoup trop faible. » Il revint en Belgique en juillet 1945.

Louis continue de partager ses souvenirs avec les jeunes : « Cette année passée dans le camp ne m'a jamais laissé l'âme en paix. C'est une expérience horrible, dont je veux témoigner auprès des jeunes pour les en avertir. Jusqu'à présent, je continue de transmettre mon vécu dans les camps de concentration, dans les écoles belges mais également au Fort de Breendonk. »