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Dur au coeur tendre

Dur au coeur tendre

 

Certaines personnes ont tant d'énergie qu'elles assument deux carrières de front. C'est le cas du Brugeois Stefaan Vergaerde. Infirmier au service des soins palliatifs de la clinique AZ Sint-Jan Brugge-Oostende, il est aussi militaire de réserve. Sa devise, « Dur, mais au coeur tendre » (hard maar met een hart), n'est pas vaine. Rencontre avec un homme passionné et passionnant.

« En 1987, j'ai entamé mon service militaire par une formation de candidat officier de réserve à Arlon », se souvient-il. « Devenu officier d'infanterie, j'ai été caserné au Centre de formation 3 à Turnhout et devais former les nouvelles recrues. Les valeurs de discipline et de respect faisaient partie de mon quotidien. »

À l'issue de votre service militaire, vous êtes resté actif dans la réserve. Faut-il y voir une marque de patriotisme ?
« Je me sens bien à la Défense. Je suis d'ailleurs fier de mon uniforme. Être disponible pour la Défense n'est pas toujours aisé compte tenu de mon emploi civil. Mais rencontrer des gens, les aider, les assister avec coeur, me procure une grande satisfaction. Respect, camaraderie, amitié, c'est ce que je retrouve à la Défense et qui me motive à y rester. »

Vous avez commencé comme fantassin, mais êtes aujourd'hui actif à la Composante Médicale. Pouvez-vous expliquer ce parcours original ?
« Comme je voulais devenir officier de réserve, je n'avais à l'époque pas d'autre choix : il était impossible d'être infirmier. Après mon service militaire, on m'a affecté dans une unité d'infanterie de réserve. En 2004, je suis devenu officier de liaison du Commandement militaire de la province de Flandre-Occidentale. À la restructuration suivante, j'ai été muté en 2010 dans la nouvelle unité d'appui médical de Lombardsijde, le 1 Élément Médical d’Intervention (1 EMI). J'y travaille comme infirmier avec quelque 190 militaires d'active ou de réserve, dont des médecins, praticiens paramédicaux, infirmiers, ambulanciers et brancardiers. J'y suis bien intégré, c'est plaisant. C'est une chouette unité qui présente de nombreux défis à relever. Nous pouvons être déployés partout et à tout moment pour assurer un support médical : Afghanistan, Liban, Antarctique, Kosovo, République Démocratique du Congo, ou encore sur les navires de la Composante Marine. »

À quelles activités assistez-vous en tant que soignant ?
« Chaque année, j'essaie de me libérer pour procurer un appui médical aux Quatre jours de l'Yser ou à la Marche Européenne du Souvenir et de l'Amitié (MESA). C'est une excellente occasion de coopérer et de partager expériences et connaissances. La force de notre unité tient incontestablement dans le mélange de militaires d'active et de réserve : des gens aux carrières différentes, mais pleins d'expériences professionnelles et de sagesse de vie. Certains de mes collègues ont, entre autres, servi en Afghanistan et leurs récits forcent le respect. Quant à moi, je partage mes expériences acquises aux soins palliatifs, où le contrôle de la douleur et des symptômes occupe une place
primordiale. »

La Défense recherche-t-elle des spécialistes en soins palliatifs ?
« Pas directement, mais avec mon expérience quotidienne consistant à accompagner les patients et soulager leurs douleurs physiques, psychologiques ou sociales, cela représente un atout pour beaucoup de gens. Le processus d'assimilation des militaires d'active rentrant d'opérations est parfois parsemé de moments difficiles, voire douloureux.
Une assistance adéquate leur est profitable. Cette thématique fait même l'objet du Congrès annuel des infirmiers et sages-femmes, auquel participe la Composante Médicale. Nous y partageons nos expériences avec des collègues infirmiers belges et étrangers. » « En 2013, j'ai eu l'occasion de participer, en tant qu'infirmier militaire, au COMOPSAIR goes MS. Chaque année, la Composante Air organise l'ascension du Mont Ventoux avec un groupe d'environ 70 militaires et une quarantaine de patients atteints de la sclérose en plaques. L'état-major de la Composante Médicale m'a choisi en raison de mon expérience avec des patients gravement malades ou souffrant de cette maladie, de ma connaissance du contrôle de la douleur et des symptômes ainsi que de mes expériences d'infirmier lors de marches militaires. »

Le chef de corps du 1 EMI, le major Brigitte Van Den Broeck, s'est bien rendu compte à quel point notre interlocuteur était attaché à son unité : « En effet, je peux compter sur mes réservistes. Notre unité assure un soutien médical lors de nombreuses activités, opérationnelles ou autres. En raison des carences sévères en personnel médico-technique à la Défense, le soutien de la réserve est vraiment le bienvenu. Je suis persuadée que Stefaan et ses collègues militaires du cadre de réserve représentent vraiment une plus-value et une belle carte de visite pour la Défense. »