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BELARE quitte la glace

BELARE quitte la glace

 

Sur le continent antarctique, la station polaire Princesse Elisabeth est à nouveau désertée. Depuis le 26 février, tous les militaires et les scientifiques qui ont participé à l'opération BELARE, sont retournés dans leur pays. L'affirmation « Une expérience unique dans un paysage unique aux défis particuliers » fait l'unanimité.

« Dans quelques jours, ce sera mon anniversaire et j'aurai cinquante ans », déclarait le caporal-chef Rudy Cornelis à la mi-décembre. « Au cours de ma carrière, je suis parti plus de dix fois en opération à l'étranger, mais cette mission en Antarctique est très particulière. L'environnement n'a pas été bouleversé par l'homme et le silence devient « assourdissant ». Rudy est l'un des quatorze soldats qui ont pris part à l'opération BELARE organisée de mi-novembre à fin février en Antarctique.

Chaque militaire avait sa tâche et jouait un rôle spécifique mais en finalité, un seul objectif subsistait : permettre le bon déroulement de la recherche scientifique. Électriciens, monteurs, mécaniciens et guides de terrain fournissaient un appui à l'équipe scientifique. Le cuisinier, le premier sergent-major Dominique Van Hemelen, aura fait le maximum pour servir de bons repas.

« Nous sommes dépendants des vols d'approvisionnement et des navires accostant mi-janvier », précisait-il en préparant le repas de Noël en cette fin décembre. « Malheureusement, le dernier vol n'avait pas la capacité d'emporter les fruits et les légumes frais. Le mois prochain, je devrai être inventif avec les aliments congelés. En outre, nous sommes actuellement dépendants des éoliennes et des panneaux solaires pour la fourniture d'énergie. S'il y a peu de vent ou que le soleil ne chauffe pas suffisamment, j'ai un problème. Je dois régulièrement faire fondre la neige pour pouvoir cuisiner. »

Pour les scientifiques et les guides de terrain, le point d'orgue de toute la mission aura été, sans nul doute, les trois semaines d'expédition vers la plate-forme glaciaire Roi Baudouin. Celle-ci débutait mi-janvier avec pour destination un camp de base proche de la côte situé à quelque douze heures de la station polaire. « Les guides de terrain qui nous accompagnent avaient déjà installé le camp il y a quelques semaines », explique le scientifique Reinhard Drews de l'Université libre de Bruxelles. « Actuellement, je mesure l'épaisseur de la glace et la rapidité avec laquelle elle peut varier. À un kilomètre au nord, la glace a une épaisseur de mille mètres mais ici, elle n'en fait que trente. C'est remarquable. »

Outre la prise de mesure, les scientifiques effectuent également des recherches sur les conditions météorologiques et les lacs souterrains. Ils reviendront avec bon nombre de nouvelles données sur le continent gelé tandis que les militaires seront rentrés après avoir vécu une expérience unique.