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Le patron
Remarque préalable : Cet article ne correspond pas entièrement à la version néerlandaise à cause du different point de vue des deux auteurs.
Depuis des temps très reculés, les cavaliers qui se respectent, imprégnés des valeurs séculaires de leurs prédécesseurs chevaliers sans peur et sans reproche vouent un culte à saint Georges, saint patron prestigieux, capable de la plus noble bravoure, cavalcadant dans l'imaginaire de chacun sur un magnifique cheval blanc, pour, faisant fi des dangers, s'en aller délivrer la princesse captive des griffes du dragon affamé.

Qu'il soit ou non apparu à Antioches en 1098 pour aider les Croisés à donner une raclée aux Sarrasins ou à Mons en 1914 afin de permettre aux Britanniques d'infliger de nombreuses pertes aux Allemands, cela a peu d'importance. Y croire et le colporter suffit à montrer la persistance d'une croyance mythique qui peut donner des ailes aux plus réservés et de la témérité aux plus découragés rehaussant d'éclat et de panache leurs faits d'armes autrement ignorés.

Qui était donc saint Georges ? De ce que l'on sait avec une quasi certitude, c'est que Georges a réellement existé dans la peau d'un officier de Cavalerie affecté comme tribun à une légion romaine. Il serait né en Cappadoce (actuelle Turquie) de parents chrétiens au 3ème siècle après Jésus-Christ - période où il ne faisait pas trop bon d'afficher son penchant pour la nouvelle religion - et mourut semble-t-il victime des persécutions anti-chrétiens organisées de main de maître par l'Empereur Dioclétien. Son martyre ne fut pas des plus sobres et comprit de nombreux supplices : il fut brûlé, ébouillanté, broyé sur une roue et finalement, toujours vivant, décapité ! Tout cela fut relaté de manière apocryphes par Pasicrates au 6ème siècle.
C'est sans doute sa superbe résistance aux supplices qui lui valu d'être accueilli dans la grande famille des saints chrétiens dont les vies exemplaires ont été transcrites avec moult détails pour l'Occident chrétien dès le 13ème siècle par Jacques de Voragine dans sa poétique et apologétique Légende dorée dont je ne résiste pas de vous soumettre quelques extraits :
« Georges, tribun, naquit en Cappadoce, et vint, en Lybie, dans la ville qu'on appelle Silène, près de laquelle était un étang où habitait un monstre qui maintes fois avait fait reculer le peuple armé venu pour le détruire ; il s'approchait même jusqu'aux murs de la cité et de son souffle tuait tout ce qu'il trouvait. Pour éviter de semblables visites, on lui donnait tous les jours deux brebis pour apaiser sa voracité. Si l'on y manquait, il assaillait tellement les murs de la ville, que son souffle empoisonné infectait l'air, et que beaucoup d'habitants en mouraient. On lui fournit tant de brebis qu'elles devinrent très rares, et qu'on ne pouvait plus s'en procurer la grande quantité nécessaire ; alors les citoyens tinrent conseil, et il fut décidé qu'on livrerait chaque jour un homme et une bête ; si bien qu'à la fin on donna les enfants, filles ou garçons, de manière que personne ne fût épargné. Et le sort désigna un jour la fille du roi pour ce sacrifice. Le monarque épouvanté offrit en échange son or, son argent et la moitié de son royaume, pour qu'on sauvât sa fille de ce genre si cruel de mort. Mais le peuple s'échauffa et dit au roi que puisque l'édit qu'il avait promulgué avait détruit tous les enfants, sa propre fille ne devait point faire exception. On le menaça, en cas de refus, de le brûler lui et son palais. Le roi se mit alors à pleurer, et il gémit du triste sort de sa fille, et, s'adressant au peuple, il lui demanda et obtint un délai de huit jours pour pleurer sa fille. Au bout de ce temps, le peuple revint au palais et il dit : « Pourquoi perds-tu ton peuple pour ta fille ? Nous mourons tous par le souffle de ce monstre. » Le roi vit bien qu'il fallait se résoudre au sacrifice. Il fit couvrir sa fille de vêtements royaux, l'embrassa et lui dit : « Hélas ! Chère fille, je croyais me voir renaître dans tes nobles enfants ; j'espérais inviter mes princes à tes noces, te voir ornée de vêtements royaux, et accompagnée de flûtes, de tambourins et d'instruments de musique de tout genre ; et tu vas être dévorée par le monstre ! Pourquoi ne suis-je pas mort avant que tu périsses ainsi ? » Alors elle tomba aux pieds de son père et lui demanda sa bénédiction. Il la lui donna en pleurant, et la serra tendrement dans ses bras ; puis elle s'en alla vers le lac. Georges qui passait par là, vit qu'elle pleurait, et lui demanda ce qu'elle avait ; et elle lui répondit : « Bon jeune homme, monte bien vite à cheval et hâte-toi de fuir, afin que tu ne périsses pas avec moi. » Et Georges lui dit : « Ne crains rien, et dis-moi ce que tu attends ici, et pourquoi tout ce peuple nous regarde. » Et elle répliqua : « Je vois que tu as un cœur noble et grand ; mais hâte-toi de partir. » Georges répartit : « Je ne partirai que lorsque tu m'auras appris ce que tu as. » Lorsqu'elle l'eut instruit de tout, Georges ajouta : « Ne crains pas, je t'aiderai au nom de Jésus-Christ. - Brave chevalier, reprit-elle, ne cherche point à mourir avec moi ; il suffit que seule je périsse, car tu ne pourras ni m'aider, ni me délivrer, et tu succomberais avec moi. » Dans ce moment, le monstre sortit de l'eau. Alors la vierge dit en tremblant : « Fuis au plus vite, chevalier. » Pour toute réponse, Georges monta sur son cheval, fit le signe de la croix, s'avança au-devant du monstre en se recommandant à Jésus-Christ, et le chargea intrépidement. Il brandit sa lance avec une telle force, qu'il le traversa et le jeta par terre. Alors, s'adressant à la fille du roi, il lui dit de passer sa ceinture autour du cou du monstre et de ne le redouter en rien. Quand ce fut fait, le monstre la suivit comme le chien le plus doux. Lorsqu'ils l'eurent conduit dans la ville, le peuple s'enfuit sur les montagnes et sur les collines, en s'écriant que tout le monde allait périr. Mais Georges les retint en leur disant de ne rien craindre ; que le Seigneur l'avait envoyé pour les délivrer de ce monstre. Et il dit : « Croyez seulement en Dieu, et que chacun de vous soit baptisé, et je tuerai ce monstre. » Alors le roi et tout son peuple furent baptisés ; ensuite Georges tira son glaive et abattit la tête du monstre ; selon ses ordres, quatre paires de bœufs le transportèrent hors de la ville. Ce jour-là, vingt mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, furent baptisés. En l'honneur de la Vierge Marie et de saint Georges, le roi fit construire une église d'une étendue considérable, de l'autel de laquelle il coule une source qui guérit tous les malades qui boivent de son eau. Le roi offrit d'immenses richesses à Georges ; mais il les refusa, et il les fit distribuer aux pauvres. Georges instruisit le roi de quatre devoirs à remplir : d'avoir soin des églises de Dieu, d'honorer les prêtres, d'assister toujours dévotement au service divin, et d'être constamment charitable envers les pauvres, et ayant embrassé le roi, il partit de ces lieux … ».
Saint Georges est toujours représenté jeune et imberbe, en armure de chevalier, soit à pied, soit à cheval. Il porte souvent des cheveux longs et bouclés. Comme attributs, il arbore généralement une lance, souvent cassée, ou une épée nue, mais aussi un écu et/ou une bannière timbrée d'une croix de gueule sur champ d'argent (= rouge sur fond blanc). Son cheval blanc est le cheval sacré des Mazdéens et sa bannière sera la base du drapeau anglais.

Adopté par les Croisés, saint Georges fut également choisi comme saint patron par les républiques de Gênes et de Venise en Italie et par Barcelone en Espagne. Il est le saint protecteur de l'Angleterre et patron dès lors de l'Ordre de la Jarretière institué en 1349 par Edouard III. Saint militaire par excellence et cavalier de surcroît, il est le patron des chevaliers et des cavaliers, mais aussi des archers et des arbalétriers, ainsi que de trois corporations d'artisans mettant leur savoir-faire au service des cavaliers et des combattants, les selliers, les armuriers et les plumassiers ou fabricants de plumets qui confectionnaient jadis les grands panaches de casques de bataille ou de tournoi, comme celui que Saint Georges porte à son cimier y compris sur le pin de l'Arme Cavalerie blindée.

La Russie des tsars choisira, elle aussi, saint Georges pour représenter et récompenser la notion de mérite au plus haut niveau et l'Ordre militaire de Saint-Georges de Russie récompensera de nombreux actes de bravoures. Créé par Catherine-la-Grande en 1769, il sera supprimé par Lénine en 1917, mais son prestige social permanent le fera réhabiliter en 2000 par le Président de la Fédération de Russie. 104 Belges appartenant au corps des autos-canons-mitrailleuses belges envoyés en Russie en 1915 et incorporé à l'Armée russe se verront attribuer croix ou médailles de Saint-Georges pour la bravoure dont ils firent preuve depuis l'offensive au printemps 1916.

A la lecture de sa légende, on comprend mieux pourquoi chevaliers et cavaliers s'entichèrent de saint Georges. Les qualités dont il témoigne sont, pour nous tous, une source de réflexion et un exemple à suivre. Le fameux Esprit Cavalier dont on se targue dans de nombreuses armées occidentales n'est rien d'autre qu'un amalgame de ces valeurs dont les noms rappellent les notes métalliques des sonneries de cavalerie sur les champs de batailles des siècles passés.

Honneur, intrépidité, générosité, bravoure, abnégation, grandeur, panache, élégance pour les qualités morales. Charge, force, vitesse et surprise pour les qualités tactiques.
Honneur : Dignité morale. Bien moral attaché au sentiment d'être digne d'estime ; tendance qui pousse à agir pour garder le droit à sa propre estime et mériter celle des autres.
Intrépide : Qui ne tremble pas devant le danger. Courageux.
Généreux : Qui a de nobles sentiments qui le portent au désintéressement, au dévouement. Qui donne ; qui donne plus qu'il n'est enclin à le faire. Capable de sacrifier son intérêt personnel.
Bravoure : Qualité de celui qui est brave, c'est-à-dire courageux au combat, devant un ennemi.
Abnégation : Sacrifice volontaire de soi-même, de son intérêt.
Grandeur : Elévation, noblesse.
Panache : Fière allure un peu ostentatoire.
Elégance : Bon goût, distinction morale ou intellectuelle accompagnés d'aisance. Allure, chic, distinction.

Mais pourquoi dans une armée moderne continue-t-on de s'investir à ce point dans le respect de ce genre de culte au saint patron ? L'Arme Cavalerie blindée est, chez nous, spécialement portée sur la transmission de ses traditions et des valeurs y attachées. Je ne m'en plaindrai pas. En guise d'explication, j'ai trouvé un livre très intéressant dont vous pouvez découvrir quelques extraits se rapportant plus spécifiquement au thème de cet article :

« (…) Fêtes d'armes, fêtes des saints patrons, sorties et repas de cohésion, occasions diverses de célébrer des événements personnels ou familiaux … des réunions festives dans les unités contribuent évidemment à la cohésion du groupe. Mais comme toujours, dans les armées, distraction et cérémonie se conjuguent tout à la fois. Le métier s'y prête. La culture militaire est aussi une culture d'entreprise. Pour que ses rouages fonctionnent, pour atténuer les clivages entre les grades ou les fonctions, pour améliorer l'entente entre les hommes, ces occasions de rencontre et de convivialité doivent se susciter, s'organiser, se planifier. Les présidents des catégories qui représentent soit les caporaux-chefs, soit les sous-officiers, les lieutenants ou les officiers subalternes tiennent non seulement un rôle d'interface avec le commandement, mais sont aussi chargés par leurs pairs d'organiser toutes les « fêtes » officielles. Elles sont multiples. Fêtes des saints patrons que chaque arme s'est octroyés avec la bénédiction du pape, parrainage, accueil des nouveaux, sortie et repas de compagnies, de sections, d'équipages … Les fêtes des saints patrons sont les plus nombreuses. Chaque grande catégorie de métier est « protégée » par son saint : saint Eloi pour les mécaniciens dans toutes les armées et l'arme du matériel, sainte Barbe pour les artilleurs, les sapeurs et tous ceux qui manient le feu dans toutes les armées, saint Michel pour les parachutistes, saint Christophe pour le train, sainte Cécile pour les musiciens, saint Maurice pour les fantassins, saint Martin pour les commissaires, saint Georges pour les cavaliers …Selon les armes les fêtes qui exaltent un métier ou une spécialité à travers un saint sont parfois très anciennes et ne sont pas d'origine militaire. C'est en particulier le cas de saint Eloi, de sainte Barbe, de saint Georges … En outre, le culte de ces saints qui rassemble les fidèles des pays catholiques, et plus globalement des pays de tradition chrétienne, est une occasion, dans le corps européen ou à l'étranger, de fédérer des groupes exerçant le même métier mais n'ayant pas nécessairement la même nationalité. La messe où la majorité se rend ce jour-là, quelles que soient les croyances ou les pratiques, est surtout un moment de religiosité. Elle est suivie d'une prise d'arme avec remise de décorations. C'est le côté cérémoniel. Mais c'est aussi un jour de kermesse, de divertissement et d'agapes…
La culture d'arme s'adresse non pas à une majorité mais à un groupe ou à un sous-groupe. Elle se constitue des connaissances techniques mais aussi des principes moraux que tout combattant doit faire siens puisqu'ils sont aussi ceux de la communauté d'appartenance. L'expérience des anciens qui disent l'histoire après l'avoir faite est donc privilégiée. Accessible facilement à chacun puisque sa transmission se fait de façon concrète, en particulier par des rencontres, elle est, dans les armées favorisée et même institutionnalisée. De nouveau, le passé va être dupliqué en reproduisant les maillons de l'armée nationale dans toute sa diversité. Amicales régimentaires, associations qui regroupent les élèves des lycées militaires, des écoles militaires, les armes, les subdivisions d'armes, elles-mêmes multipliées en tendances, fédérations qui tentent de les regrouper, le monde des anciens est aussi riche dans sa diversité que l'est celui des actifs . Les sorties, repas, fêtes de saints patrons, fêtes d'armes, passations de commandement seront des occasions parmi d'autres où ils raconteront aux jeunes leurs prouesses, le courage ou le sens de l'honneur qu'a démontré l'un des leurs. Ils les inciteront à entretenir l'esprit de filiation et donneront aux faits d'armes qu'ils ont vécus leur propre interprétation, faite d'expérience. Ce sera leur vérité, qui ne correspond pas toujours à l'histoire officielle.
L'exercice des usages, us et coutumes n'est cependant nulle part dans les armées une priorité de l'emploi du temps. Le plus souvent, il revêt des formes presque anodines et seuls les événements qui rythment la vie des unités donnent l'occasion de les pratiquer. D'autant qu'ils se répètent et sont connus des intéressés dès leurs premiers instants de vie professionnelle.
Toutefois, l'attachement des pilotes de chasse à leurs rites et celui des sous-mariniers à leur baptême à l'immersion, par exemple, conduisent à faire l'hypothèse d'une relation entre les guerriers, comme ceux de la chasse et de la sous-marinade qui évoluent dans un environnement difficile, sinon extrême, et le besoin dual de ressentir la force du groupe et sa considération. Une constatation identique peut se faire en prenant l'exemple de la seule armée de terre. Plus les armes sont potentiellement exposées à la mêlée, « les yeux dans les yeux », dans un combat rapproché où le stress et la peur doivent être avant tout maîtrisés, plus les usages, us, coutumes et traditions seront nombreux, vivants, quasi obligatoires pour tous. Comme si les signes de reconnaissance, vocabulaire, grigris, confiance mutuelle que s'accordent les combattants après l'avoir puisée dans les nombreuses fêtes et réunions, faisaient taire la peur et renforçaient la compétence, aussi bien individuelle que collective. Est-ce un hasard si les usages, us et coutumes sont particulièrement respectés dans l'infanterie, et encore plus dans les troupes de marine, dans l'arme blindée cavalerie, chez les chasseurs ? Et à l'inverse, faut-il s'étonner du peu de cas qu'on en fait dans les armes « jeunes » qui, en outre, ne sont ni confrontées à des gestes directement guerriers dans des conditions difficiles, ni exposées au combat rapproché ? A l'opposé, sur un théâtre d'opérations, une « compagnie de marche », constituée d'apports de diverses unités n'ayant auparavant partagé ni vie, ni usages ou coutumes communs, comme cela fut le cas en Bosnie, trouvera sa force en quelques semaines en situation de risques et demandera ensuite à porter un insigne spécifique … Il faudra alors peu de temps aux anciens pour faire partager la connaissance des chants que tous reprendront avec une vigueur décuplée par le besoin d'évacuer le stress des heures difficiles vécues ensemble.
En ce début de 21ème siècle, dans un pays où la majorité de la population est alphabétisée, il ne semble pas difficile de donner aux habitudes et coutumes militaires une fonction essentielle : produire de la solidarité. Lorsque les clefs de compréhension sont transmises, celle-ci s'impose alors autant à ceux qui appartiennent au corps ou à l'institution qu'à tous les membres de la communauté nationale et se nourrit d'une dimension affective. (…)
»

Tout cela ne mérite-t-il pas d'être médité ? Puisse la lecture de ce qui précède faire prendre conscience aux adeptes du nivellement et de l'uniformité à tout prix que jamais nos couleurs, nos insignes, nos sabres, nos éperons, nos breloques et nos shakos n'ont témoigné d'une concentration de mépris à l'égard des autres, mais au contraire d'une culture de la différence permettant la formation d'un esprit de corps et d'un sentiment d'appartenance forts et tenaces contribuant de manière magistrale à l'exécution, parfois bien difficile, de la mission opérationnelle, unique raison d'être de nos unités.

Sachant qu'il en est ainsi, n'hésitons dès lors aucunement à fêter saint Georges comme il se doit tous les 23 avril, cultivant ainsi pour les siècles encore à venir notre indispensable Esprit Cavalier !

A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent, par saint Georges, … Vive la Cavalerie !

____________________
Auteur :
Capitaine-commandant Benoît Sibille
mai 2005

Sources :
de VORAGINE, Jacques, La Légende dorée, éditions Rombaldi, Paris, 1942.
SOURBIER-PINTER, Line, Au-delà des armes, le sens des traditions militaire, Imprimerie nationale, 2001


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